Chacune, chacun connaît le terme de Vertu pour l’avoir entendu souvent, pratiqué bien sûr, depuis de nombreuses années.
Étymologiquement, vertu vient du latin VIR qui signifie homme. Ce n’est qu’un simple déterminant qui dessine l’aptitude personnelle à procéder avec persévérance, selon les principes et les valeurs qui nous importent.
Le principe est l’axe intime de l’individu, qui procure et conforte son ossature morale. La valeur s’associe à la droiture humaine, au respect de soi et des autres.
Tous deux n’ont de réelle existence qu’en dépassant le cadre postiche du vœu pieux, pour être actés sous réserve de faire usage de la Force-Courage.
Trois familles de vertus s’entrecroisent et cohabitent : les vertus cardinales, théologales et divines.
Les vertus cardinales nous intéressent aujourd’hui car elles sont d’ordre humain.
Par elles, l’individu doit mettre au jour ses capacités sous-jacentes d’agir en homme digne et debout.
Elles s’expriment en un milieu, plus exactement dans le juste milieu, point médian entre l’excès et le défaut. Elles ordonnent une vigilance en soi pour éviter qu’elles ne s’altèrent par ennui, exagération ou toute autre raison.
L’on peut perdre une vertu et une vertu peut se perdre en remplaçant sa mesure par la passion d’elle-même.
Pour la conserver, il faut l’entretenir, l’abreuver.

La Prudence travaille à la constitution de la « bonne vie », la vie droite et noble. Elle souffle l’équilibre des choix et se constitue par la mémoire, la compréhension, l’attention mais exclut la peur, ferment de la déraison.
La Tempérance est à la fois maîtrise de soi et sobriété. Elle réfute l’ascétisme débordant. Elle circonscrit la passion déferlante, le flot des désirs, par l’usage de la raison, de la volonté et du cœur. En faisant appel à la mesure de l’émotion, elle fertilise la pondération des actes et des pensées.

La Force-Courage, Fortitudo en latin, est souvent traduit par erreur en force au lieu de courage. C’est la résolution maîtrisée, l’aptitude à braver et à vaincre, si nécessaire, les défis et les peurs. Ce courage ne fait pas disparaître la crainte ou l’effroi, il est la capacité à agir malgré l’adversité. Son élément premier est le don de soi, la générosité et la résolution qui font retentir les actions appropriées.
Ce n’est donc pas la force physique, mais celle de l’âme.

La Justice harmonise l’ensemble des vertus, elle suppose la répartition des tâches intimes à chacune de ses 3 sœurs, aux emplois bien définis, afin de tout accomplir de la manière la plus parfaite. Elle est le don débarrassé des valeurs morales et sociétales. Elle se fait rare car l’impartialité ne surgit qu’en des situations peu courantes.

Pratiquer ces quatre vertus, c’est :
– L’intelligence et la rationalité
– L’intérêt dans le beau et le bien
– Le courage de la maîtrise
– Le souci de l’autre et de soi

Être cardinale pour une vertu consiste à tenir une place essentielle dans l’attitude et la conduite de l’humanité. Cardinal est issu de cardo, traduit par charnière-articulation. C’est la rotule qui offre à l’homme la faculté d’arpenter le monde en s’épargnant certaines douleurs.
Cardo signifie aussi « ce dont quelque chose dépend », que l’on peut envisager comme la liberté de l’être plein.

Cardinal, c’est encore le rouge de l’amour, de la présence au cœur ; un rouge vif, quasi-saturé tant il est complet et ne manque de rien.
Cette plénitude est la matrice de l’équilibre, de l’union entre l’homme et l’homme quand la vertu théologale replace l’humanité dans sa relation avec Dieu, s’il y croit !

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