Il est le fils d’une déesse. Il est presque invulnérable. Il est le meilleur des Achéens. Et pourtant, tout ce qui le fait tenir debout est humain : la rancœur, l’orgueil blessé, la peur de mourir, le chagrin. C’est précisément là qu’il devient inoubliable.
Cette conférence en deux parties suit Achille de la contrainte imposée à sa mère jusqu’à son trône d’or aux Champs Élysées, où il confie à Ulysse qu’il aurait préféré être laboureur. Entre les deux, un parcours d’initiation qui échoue presque jusqu’au bout, et ne s’achève qu’une nuit, face à un vieillard venu réclamer le cadavre de son fils.
Première partie : l’enfant qu’on a voulu rendre invulnérable
Nous remontons à la source. Pourquoi Zeus a-t-il forcé Thétis à épouser un mortel ? Que lui a vraiment enseigné Chiron, et pourquoi cet enseignement a-t-il échoué ? Que signifient la moelle de lion, le vin coupé d’eau, l’os greffé dans le talon ?
Puis vient la colère. Cette mênis qui donne son premier mot à l’Iliade n’est ni un caprice ni un défaut de caractère : c’est une révolte contre des dieux qui trichent. De la pomme de discorde au sceptre d’Agamemnon, de l’île de Skyros à la mort de Patrocle, la première partie retrace une éducation manquée et une révolte qui ne trouve pas d’issue.
Seconde partie : du bûcher de Patrocle aux Enfers
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Elle s’ouvre sur une question rarement posée : pourquoi cette guerre a-t-elle eu lieu ? Ni l’enlèvement d’une femme, ni l’orgueil des rois. Le contrôle du détroit des Dardanelles, les minerais, les terres fertiles, et un refroidissement climatique qui pousse les populations grecques à migrer pour survivre. Le prétexte amoureux vient après.
Puis la mort de Patrocle, les cendres dont Achille se souille le visage, le serment de profaner le corps d’Hector. La forge d’Héphaïstos, où des automates d’or animés mais dépourvus d’esprit tiennent les soufflets. Et ce bouclier qui n’est pas une arme mais une miniature du monde : quatre cercles concentriques où une ville en paix jouxte une ville assiégée.
Le point d’orgue n’est pas un combat. C’est une nuit, Priam et Achille face à face, et deux hommes qui pleurent ensemble. C’est là, et nulle part ailleurs, que l’initiation s’achève.
Reste la descente. Nous y retrouvons Achille tel qu’Ulysse le découvre : une ombre mélancolique qui ne trouve aucun réconfort dans la gloire posthume qu’il a passé sa vie à poursuivre.
La statue présente sur la table est une création d’Alessandro Montalbano, sculpteur et peintre .
Pour prolonger cette conférence
Deux articles complètent cette exploration d’Achille et de ses compagnons :
- Les Myrmidons et Achille : le demi-dieu si humain et son peuple-fourmi, pour découvrir leur origine et leur rôle dans l’Iliade.
- Myrmidons d’Achille vs Immaculés de Game of Thrones, pour comparer fidélité, liberté et humanité.